Top 10 des domaines où la France est pas si forte que ça, arrêtons de nous la raconter

En France, on adore lever haut le menton et se sourire à soi-même devant le miroir en se répétant qu’on est les meilleurs. Et on n’est pas les meilleurs. On est cool, on est fort, mais on n’est pas du tout les meilleurs partout où l’on croit qu’on est les meilleurs. Faut se rendre à l’évidence et arrêter de péter plus haut que nos jolies petites fesses.

1. La gastronomie

Cela fait plusieurs années que la France perd des points au niveau international sur le terrain de la gastronomie. Désormais, les meilleurs chefs ne sont plus français et on a assisté à l’émergence depuis une dizaine d’années de concurrents dans la bataille mondiale pour avoir la meilleure bouffe, aux premiers rangs desquels on trouve le Pérou et le Japon. Bien sûr, la France continue d’occuper une place à part dans le patrimoine gastronomique mondial, mais cette place est fragile.

2. Le vin

Comme pour la gastronomie, le vin français n’est plus tout à fait le numéro 1 mondial. L’Italie a dépassé la France en termes de volume de production et, si la France reste le premier exportateur mondial, cette donnée s’exprime en valeur. Cela signifie que, si certains s’amusaient à considérer le vin français comme surcoté, les ressources générées par l’export pourraient drastiquement diminuer. Outre l’Italie et l’Espagne, la France fait face à une concurrence féroce de la part des Etats-Unis, de l’Australie, de l’Argentine et surtout de la Chine où les coûts de production sont moindres pour une qualité qui va croissante. Aujourd’hui, le vin moyen français n’est pas le meilleur du monde.

3. Le tourisme

La France était encore, en 2016, la première destination mondiale, mais les écarts avec les Etats-Unis et l’Espagne se resserrent. Le dynamisme du tourisme en France n’est plus aussi fort qu’il y a quelques années, d’autant que les ressources générées par ce tourisme sont bien inférieures que celles dégagées sur le sol américain. La France a beaucoup misé sur le haut de gamme pour attirer les richous et augmenter la dépense moyenne ; à terme, cette stratégie pourrait ne pas s’avérer si payante.

4. Les droits de l’homme

On donne des leçons à tout le monde, alors même que nous apparaissons à des places inquiétantes dans les indices relatifs à la prison, à la justice, à la corruption et à la liberté de la presse. La France, patrie des droits de l’homme, est une sorte de tarte à la crème de moins en moins justifiée, un mythe que l’on se plait à entretenir pour ne pas procéder aux réformes nécessaires à la clarification de notre régime politique.

5. L’innovation

« En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Nous entretenons, en France, l’idée que nous sommes un pays de faibles ressources mais de grande capacité d’innovation, un pays à brevets, un pays de penseurs et de chercheurs. Établir des classements, en la matière, est difficile dans la mesure où les principaux indicateurs retenus sont les indicateurs économiques, relatifs à l’investissement public ou privé en R&D. Mais bon, si Internet avait été conçu en France, ça se saurait, et si un acteur majeur d’Internet était issu de l’hexagone aussi.

6. La vie des idées

Il existe une scène intellectuelle féconde, en France, mais rien à voir avec que l’on peut trouver en Amérique du Nord. Les Lumières, tout ça tout ça, mais en termes de réflexion politique, économique et sociétale, la France n’a pas produit de pensée majeure depuis des années. Le succès outre-Atlantique de Piketty est un genre de trompe-l’oeil. Ce n’est plus depuis la France que l’on pense le monde et le niveau du débat en France est très faible par rapport à ce qui se fait aux Etats-Unis.

7. Le football

Une Coupe du monde. Deux Euros. Une finale. On n’est pas nul, hein, mais bon cocorico tout ça tout ça, on est quand même très très très loin du Brésil ou de l’Allemagne en termes de performance. Et même si l’on jouit aujourd’hui d’une génération très forte, pas sûr que cette génération soit réellement plus forte que celle des autres grandes équipes du football. Le système fédéral français a permis à de nombreux sportifs de rejoindre le haut niveau, mais il montrer ses limites à l’heure où il faut gagner. On le voit dans le tennis, on le voit dans le football : deux sports où l’argent et le privé ont depuis longtemps fait main basse sur les résultats sportifs. On le voit moins dans des sports moins exposés, comme le handball, où le système français fait merveille. Mais il est temps de repenser les modèles pour remporter des titres.

8. La diplomatie

Il est loin le temps où la France proposait sa propre voix dans le monde, dans une logique de semi-aligné qui inspirait une bonne partie des pays ne souhaitant pas s’inscrire dans une logique de féodalité vis-à-vis de la Russie ou des Etats-Unis. Redevenue une puissance moyenne, la France a, depuis son coup d’éclat finalement inutile de 2003, fait taire toutes ses velléités de grandeur. Dominée en Europe par l’Allemagne dont les résultats économiques lui confèrent une légitimité politique, peu audible sur la Russie, très ambivalente avec les Chinois, gênée dans ses relations avec l’Amérique de Trump et Israël, la France ne défend plus guère que ses intérêts, pas toujours très bien, et n’a plus voix au chapitre quand il s’agit de réguler les désordres du monde.

9. Le cinéma

Entre la Nouvelle Vague et la grande période des coproductions franco-italiennes, la France a connu une apogée cinématographique entre 1955 et 1980 et cherche à préserver désormais la vitalité de son cinéma grâce au système de l’exception culturelle. Mais le tarissement des auteurs, la place de plus en plus prégnante de la télévision dans le système de financement ont fini par amoindrir la création cinématographique française qui se retrouve à tourner sur elle-même. Il existe finalement peu de voix qui portent au-delà de nos frontières dans le cinéma français et les succès à l’étranger d’un biopic sur Piaf ou d’un film muet avec Dujardin ne font que cacher un tarissement créatif qui pourrait s’avérer inquiétant à terme.

10. L’Histoire

On fait nos malins avec notre histoire de France. Et que cocorico on a fait une Révolution et que cocorico, la Grande-Bretagne, c’est Guillaume le Conquérant, les gars, et que cocorico on a gagné deux guerres et que cocorico on a participé à façonner le monde d’aujourd’hui. Enfin on a surtout fait n’importe quoi avec notre décolonisation, envahi et mis des pays à feu et à sang pendant des années, eu une instabilité politique majeure pendant plus d’un siècle et toujours valorisé le culte du chef, quand les Anglais ont réussi à passer leur monarchie constitutionnelle tout smooth. On n’a pas tellement à pavoiser.

Ce qui ne veut pas dire que c’est pas cool, la France. C’est cool, mais soyons un peu lucides.

via topito.com