Top 10 des raisons de croire encore à la politique, allez les loulous on y croit

Ouais allez ! On y croit ! On continue ! Allez ! Oui ! On fait des sourires tristes et on se dit que la politique peut réenchanter le monde ! Pour de vrai ! On va le faire, ce grand changement, en respectant les institutions ! Bah oui, hein, on ne va quand même pas s’aventurer à essayer de bousculer les choses, non ! La vraie rébellion, c’est d’aller voter, pas vrai ?

Bon.

1. Ayé, le cumul des mandats, c’est fini

AHHHHH. Reste à trouver un nouveau serpent de mer qui permettra au débat public de s’observer lui-même pendant 25 ans.


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2. La transparence permet d’améliorer le niveau de la vie politique

Les affaires Fillon sont symptomatiques d’un virage vers la transparence qui promet, à terme, un assainissement de la représentativité démocratique. A force de se faire gauler, les élus finiront par ne plus se conduire de manière malhonnête. La demande grandissante d’honnêteté est aussi le symbole d’une plus grande exigence de la part des citoyens.

3. Il existe une vraie représentativité démocratique dans les candidatures à la présidentielle

En vrai, les 11 candidats balaient vraiment le spectre des opinions en France : schématiquement, il existe une extrême gauche anticapitaliste, une gauche de gouvernement duale plus ou moins institutionnelle et européiste, un centre très clairement défini, une droite dure et bien différenciée du centre, une extrême droite très reconnaissable, ainsi que des candidats nationalistes. Il est possible de se reconnaître à 75% dans un programme et d’aller voter. Ça n’a pas toujours été le cas lors des élections présidentielles.


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4. Nombreux sont les candidats qui se disent favorables à la proportionnelle

Longtemps écrasée par un bipartisme en passe de venir tripartite, la démocratie française se renforcera avec la mise en place d’une vraie dose de proportionnelle dans la représentativité électorale. Or, cette mesure est portée par Mélenchon, Hamon, Macron et Le Pen, preuve de la progression de l’idée dans le débat public et de son avènement inéluctable.

5. La politique se réapproprie des terrains qu’elle avait abandonnés

Même en incluant l’agitation nationaliste, il est à noter que la politique réinvestit le terrain des projets de société qu’elle avait abandonné depuis au moins 30 ans. Après tout, le nationalisme tel que défendu par le FN constitue un projet de société, de même que la VI° république chère à Mélenchon ou Hamon ou que le Thatchérisme dont se revendique à demi-mot Fillon. Il s’agit de questions complexes. Mélenchon ou Hamon proposent du reste des idées nouvelles sur la société du travail, à l’instar de ce que pouvait faire NKM lors de la primaire de la droite. Et les enjeux internationaux sont extrêmement présents dans la campagne.

6. Il faut bien croire en quelque chose

Vu qu’on est tenus de voter avec les 69,999999 millions de connards qui font société avec nous, on est bien obligé de se raccrocher à quelque chose. Sinon, c’est le tatouage No Future sur le bras et la haine des autres. Ce qui n’a pas que des défauts, hein, mais bon.

7. C’est le seul domaine où l’on a encore une forme d’emprise

Une emprise faible, mais une emprise quand même. On se plaint continuellement de la collusion entre le monde politique et le monde économique ; on réalise à quel point les grandes multinationales disposent d’un pouvoir supérieur à celui de nos représentants. Mais au-delà du constat, on ne peut pas voter pour changer les dirigeants du pouvoir économique ; en revanche, on est en mesure de désigner des représentants dont on espère qu’ils seront exempts de toute collusion et qu’ils sauront reprendre la main dans ce rapport de force. Aussi faible qu’elle soit, cette emprise est la seule qui nous reste.


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8. On est à l’aube d’un possible renouvellement de la classe politique

Celui qu’on attend depuis 35 ans. Le non cumul des mandats et la situation actuelle (retrait de Hollande, défaite de Sarkozy, crise au PS, crise à LR) laissent penser que l’on devrait assister à l’émergence de nouvelles figures. Même s’il est illusoire de croire que la génération quadra-quinqua représente une vraie nouveauté (après tout, ils sont là depuis 20 ans), on peut espérer un renouvellement de la classe politique via des figures issues de la société civile. Dieu sait si je ne voterai pas Macron (mais vous vous en branlez), mais le seul intérêt de sa victoire à mes yeux serait au moins de nommer des ministres issus de la société civile. En espérant que ce ne soit pas la société civile amie avec Hollande, Attali , Gattaz et Jouyet.

9. L’abstention se politise

Pendant longtemps, on a considéré l’abstention comme un désengagement politique. Mais les analyses s’affinent. Le traitement médiatique des abstentionnistes a changé à mesure que les médias prenaient la mesure de la crise institutionnelle traversée par le pays. La protestation par le refus de vote est désormais prise en compte dans le débat public qui s’intéresse de plus en plus à ceux qui refusent de s’intéresser à ce qu’ils considèrent comme une mascarade. L’ampleur prise par l’abstention va fatalement conduire à une remise en question de la représentativité, sous peine de voir des candidats élus avec moins de 50% de votants. C’est une bonne chose.

10. La politique s’horizontalise

Quand on voit que la candidate de la primaire citoyenne n’a pas ses signatures, on peut se dire que le système n’est pas du tout adapté aux formes d’engagement populaire. En même temps, les fake news comme les commentaires, même insultants, sous les articles politiques montrent que le débat politique est de plus en plus horizontal. Entendre Aliot réagir pendant 5 minutes à la radio sur les commentaires qu’il reçoit montre finalement que cette horizontalité est tangible et qu’il est de plus en plus possible d’interpeller directement le pouvoir. Jusqu’à se le réapproprier.

Ouais, je sais, c’est de la méthode coué, tout ça.

via topito.com