Top 15 des réponses aux questions qu’on se pose sur la prostitution

Voilà un sujet qui émeut tout le monde et dont tout le monde parle sauf les premières et les premiers concerné.es. Alors dans ce top je ne vais pas vous mentir, je me suis reposée sur des sources trouvées sur Internet pour répondre à un ensemble de questions qu’on peut se poser, mais je ne veux pas parler à la place des hommes et des femmes qui pratiquent. Ce top reste donc ouvert à vos contributions, vos rectifications. On n’est pas là pour dire si oui ou non c’est tip top de se prostituer mais plutôt pour essayer de comprendre comment ça marche notamment en France.

1. Est-ce qu’on a le droit de se prostituer ?

En France, la prostitution est légale. Enfin disons plutôt qu’elle n’est pas illégale. MAIS, depuis avril 2016, la loi interdit l’achat de services sexuels. Aïe. Comment on fait alors ? Bah on galère. En gros on a le droit d’offrir un rapport sexuel en l’échange d’une rémunération mais on n’a pas le droit d’acheter un service sexuel. Quant au racolage public, il a été interdit en 2003 puis dépénalisé en 2016 (parce que quand même c’était un peu abusay). Mais la location d’un appartement ou d’une chambre reste passible d’une peine de prison et d’une amende pour le propriétaire ou l’hôtelier. Donc on a le droit, mais ce droit n’a pas vraiment les moyens d’exister librement.

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2. Est-ce que les prostitué.es payent des impôts ?

Oh que oui. Parce qu’en France, peu importe le travail qu’on fait, on doit payer un impôt sur nos revenus. On déclare donc ses revenus à l’URSSAF en tant que travailleur indépendant (en dessous de 32 000 euros de chiffres d’affaire annuel, sinon on passe au régime « déclaration contrôlée »). Pour les travailleurs/euses du sexe, les revenus sont à déclarer dans la catégorie « bénéfices non commerciaux ».

3. Est-ce qu’il existe des formations à la prostitution ?

Une annonce a fait scandale il y a quelques temps en Espagne proposant ainsi des formations à la prostitution avec « débouchés assurés ». Pour 100 €, on avait ainsi accès à une formation d’une semaine, autant théorique que pratique et un emploi à la clé. En France, il est à ce jour inenvisageable d’offrir des BTS sodo spé fella et selon les témoignages, la seule formation existante repose sur les conseils de travailleurs/euses plus expérimentées.

4. Quelle est la différence entre un.e prostitué.e et un.e escort ?

En soi, être escort c’est tout simplement pratiquer une activité de prostitution mais pas sur la voie publique, on parle de prostitution « indoor ». Le premier contact avec les clients se fait donc par téléphone ou internet. La nuance éventuelle est que l’escort-girl ou l’escort-boy ne va pas forcément avoir un rapport sexuel avec leur client.e, bin que leurs tarifs soient généralement plus élevés.

5. Est-ce que c’est un métier réservé aux filles ?

Evidemment non. Même si on a plus souvent l’habitude de traiter les filles de « putes » de parler de « prostituées » ou même de « filles de joie », aujourd’hui on utilise surtout l’expression « travailleur/euse du sexe » qui englobe femmes, hommes et trans. Toutefois, si on se base sur des chiffres, on compte environ 10 % de prostitution masculine, 5 % de prostitution transgenre, et 85 % est exercée par les femmes alors que toutes catégories confondues, 99 % des clients sont des hommes.

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6. Est-ce qu’on peut louer son appart à un.e prositué.e ?

Non ! C’est considéré comme un proxénétisme « de soutien », il est donc impossible de louer son appart à un.e travailleur/euse du sexe et pire encore, si par exemple une prostituée loue son propre appartement à une autre prostituée avec laquelle elle va exercer son activité, elle peut être alors accusée elle-même de proxénétisme. Même un hôtelier qui fermerait les yeux sur une activité de prostitution au sein de son établissement s’expose à 7 ans de prison et 150 000 euros d’amende, il doit donc dénoncer son activité et l’expulser. Un bel esprit ! Même un chauffeur qui travaille régulièrement avec une prostituée est exposé à cette peine ! Bref tout ça est plein de contradictions puisqu’on autorise la prostitution mais pas de lieu pour qu’elle se produise en toute sécurité.

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7. Combien coûte un rapport sexuel avec un.e prostitué.e ?

Attention, je précise avant toute chose que si on tente de répondre à la question, on n’est pas là pour vous dire quel est le prix « acceptable » ! Il faut bien garder en tête que la majorité des prostitué.es travaillent sous contrainte (en particulier celles qui sont étrangères). Quoiqu’il en soit, les tarifs varient en fonction des services proposés, mais surtout du cadre, du lieu de rencontre etc. 50, 100, 200 € la passe ? Ça peut même être plus. De la même façon que chaque prostitué.e a un parcours qui lui est propre, les tarifs changent donc en fonction de chaque personne.

8. Est-ce que la prostitution est limitée au trottoir ?

La prostitution prend des formes très diverses c’est d’ailleurs pour ça qu’elle est difficile à contrôler, à légiférer et à chiffrer. En 2003, la loi interdisait le racolage public, il était donc interdit de « faire le trottoir », même si dans les faits ça a toujours existé (et que la loi a été abrogée en 2016). Du coup, les prostitué.es doivent passent de plus en plus par Internet. Toutes les astuces sont bonnes pour proposer des annonces discrètes sur n’importe quel site de petites annonces entre deux ventes de meubles. Tant qu’on ne parle pas de prestation sexuelle explicitement, tout reste légal. Une belle hypocrisie ! On trouve ainsi plus de prostitution étudiante ou encore des prostitué.es qui font des « sex tour » en France et bougent de ville en ville pour ne pas être repéré.es.

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9. Est-ce que les prostitué.es peuvent avoir des congés payés ?

Dans la mesure où l’activité des prostitué.es est déclarée sous le régime auto-entrepreneur, ils/elles peuvent prétendre à des congés maternité ou paternité, des allocations familiales et une retraite. Pas de congés payés en soi donc, mais la possibilité de choisir ses heures de travail comme on le souhaite (encore heureux).

10. Comment savoir si une prostituée le fait par choix ?

AAAAAHA. La belle interrogation. C’est déjà sympa de se la poser parce que souvent les clients ne s’emmerdent pas à se la poser cette question. C’est normal, on n’a pas envie de savoir si les gens qui nous fournissent un service sont contents de le faire. En revanche, on pourrait essayer de savoir s’ils sont forcés à le faire par une tierce personne. Mais tant qu’on n’est pas un client régulier c’est assez difficile à établir…

11. Est-ce qu’elles peuvent refuser un client ?

Dans la mesure où le client est de toute façon dans une situation illégale, le refus d’un client pour n’importe quelle raison ne pourra être réprimé par la loi ! Par ailleurs, il est même vivement recommandé de refuser un client qui se montre violent, irrespectueux, ivre ou qui refuse de porter un préservatif.

12. Ça changerait quoi si on légalisait VRAIMENT la prostitution ?

Vaste débat. Difficile de vous répondre en deux lignes. En France, nous sommes clairement dans un pays abolitionniste, mais tout ça est plein d’hypocrisie. On tolère la prostitution mais pas sa clientèle, les prostitué.es payent des impôts mais ne peuvent pas communiquer sur leurs services. Bref, on fait tout et n’importe quoi dans l’espoir d’éradiquer l’activité. Et pour cause, une majorité de femmes ne l’exercent pas de leur propre chef.

Toutefois à l’heure actuelle, on n’éradique en rien la prostitution, on ne fait que la repousser et donc exposer les femmes qui en sont victimes à plus de dangers tout en enlevant des droits à celles et ceux qui la pratiquent librement. Si l’on se penche sur nos voisins, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse, ça semble poser moins de problèmes et les travailleurs du sexe se trouvent mieux protégés donc on est légèrement tenté de dire que le seul bon moyen de lutter contre les crimes inhérents à la prostitution (le proxénétisme et l’esclavage) c’est de légaliser purement et simplement la prostitution.

13. Pourquoi il n’y a plus de maisons closes ?

Depuis 1946, les maisons closes sont interdites par la loi Marthe Richard. Cela s’inscrit dans une lutte contre le proxénétisme qui est de toute évidence un crime contre lequel il faut encore se battre. Toutefois, les travailleurs/euses du sexe eux-mêmes regrettent souvent l’absence d’un lieu qui serait encadré par eux-mêmes pour mener à bien leur activité.

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14. Est-ce vraiment le plus vieux métier du monde ?

On aime bien utiliser cette formulation pour illustrer le caractère intemporel de cette activité, ce qui serait donc une raison suffisante pour en accepter l’existence puisque après tout, c’était là avant. En vérité, on ne peut évidement pas savoir si c’est le plus vieux métier. C’est certainement pas le plus jeune. Mais il y a fort à parier que la première activité professionnelle consistait certainement plus à faire pousser des patates qu’à sucer son prochain.

15. Qui a créé trouver-pute.com ?

Non ce n’est pas une blague, ce site existe bel et bien. C’est ni plus ni moins un triputevisor. Outre le caractère absolument hallucinant d’un tel site et de la poésie des commentaires des clients, on n’a pas trouvé malheureusement qui avait créé ce site laissé désormais à l’abandon et qui n’a pas été mis à jour depuis un moment.

Bref, vous l’aurez compris c’est un gros bordel la prostitution (lol mdr le rire) dont les actuelles lois qui l’encadrent ne sont qu’une montagne de contradictions.

STRASS, syndicat du travail sexuel

Wikipédia « la prostitution en France »

Interieur.gouv.fr

Rue 89

via topito.com